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Newsletter #2 – L’IA et Immobilier

Newsletter #2 – L’IA et Immobilier

L'intelligence artificielle au service de l'immobilier.

13 janvier 2023

\\ Edito

 

Bonjour,

Nous vous présentons, au nom de tous les collaborateurs de Stonal, une belle et merveilleuse année 2023.

Les trois dernières années ont été quelque peu chaotiques et nous ne pouvons qu’aspirer à une année plus calme. Si le contexte macro-économique semble se dégrader et que les enjeux climatiques seront plus présents que jamais, nous avons également la conviction que nous sommes au cœur d’une véritable révolution technologique emmenée par l’augmentation de la puissance de calcul et le développement de l’intelligence artificielle.

Notre vénérable secteur de l’immobilier n’échappera pas à cette révolution. Et c’est tant mieux. La technologie nous permettra de faire face à l’ampleur du défi auquel nous faisons face : assurer la transition énergétique des bâtiments, le plus gros stock de capital jamais accumulé sur Terre dans un contexte de renchérissement du financement. Pour cela, il faut avoir plus que hâte que les machines viennent nous aider à choisir, sélectionner, prioriser, comprendre.

Le mois dernier, nous avions ouvert notre panorama des technologies avec le metaverse. Nous glissons ce mois-ci du côté de l’intelligence artificielle appliquée aux contenus graphiques. L’intelligence artificielle (IA) est un concept flou dont énormément d’entreprises se revendiquent abusivement. L’IA est la capacité d’un système informatique à imiter les fonctions cognitives humaines telles que l’apprentissage et la résolution de problèmes. La plupart des applications labélisées IA aujourd’hui sont en fait de l’apprentissage automatique (machine learning), autrement dit d’utilisation de modèles mathématiques de données pour aider un ordinateur à apprendre sans instruction directe. Ce qui permet au système informatique de continuer à apprendre et à s’améliorer par lui-même, en fonction de l’expérience.

L’IA appliquée au graphique est apparue telle une tornade en 2021 et, chaque jour qui passe, elle réalise de nouvelles prouesses. Dans le domaine de la modélisation 3D par exemple, des graphistes ont réalisé plusieurs tests concluant en demandant à chatGPT de générer des portions de code directement exploitables au sein de logiciels, tels que Blender, pour générer des formes et des animations, réaliser des opérations complexes de modifications, de simplification géométriques, etc.

Si vous touchez de près ou de loin à des plans ou des maquettes de bâtiments, il est temps de s’y intéresser.

Bonne lecture.

L'appli du mois

Et si, à l’avenir, la production de plans d’exécution de bâtiments s’automatisait au point de devenir instantanée ?

Au même titre que nous nous sommes habitués à traduire instantanément des textes dans différentes langues, il devient déjà possible d’automatiser une partie de la production de plans techniques d’un bâtiment grâce à l’IA. C’est ce que propose swapp.ai, une société américaine fondée par trois anciens ingénieurs, anciennenment à la tête du développement d’algorithmes chez Autodesk : Eitan Tsarfati, Noam Gat et Adi Shavit.

En intégrant dans la plateforme swapp un plan programmatique simplifié de pièces, généré depuis Revit ou en paramétrique, puis en appuyant sur un simple bouton, swapp promet de générer une maquette numérique détaillée, incluant ses réseaux de distribution et l’ensemble des plans, coupes, élévations composant un dossier technique. 

Leur site parle d’ “Architecture pilotée par l’IA” pour qualifier trois fonctions de base : la génération automatique de maquettes numériques, la capacité de modifications temps-réel du modèle et la production des pièces techniques. 

Une telle promesse mérite d’être testée en profondeur mais la V1 semble prometteuse. Swapp indique avoir déjà contribué à l’automatisation de plus d’une centaine de projets et annonce des temps de production de plans d’exécution inférieurs à 15 minutes … VS des semaines actuellement !

Ce qui est sûr, c’est que l’IA s’annonce comme un véritable “game changer” dans le bâtiment et l’immobilier dans les années à venir. Nous devrions bientôt pouvoir générer spatialement un programme sur la base d’une série de contraintes, ou produire instantanément des maquettes numériques de projets sur un niveau de détail toujours plus fin. Mais également de bénéficier de l’IA dans la constitution des réseaux techniques, finir par des applications de réalités mixtes sur chantier et bien sûr l’impression de bâtiments… C’est bien toute une chaîne de valeur et d’expertise qui est en train de gagner en efficacité pour, à long terme, s’automatiser. 

IA creative ou IA destructive ?

Stable Diffusion, Dall-E, MidJourney, ces noms ne vous évoquent rien ? 

Il s’agit d’intelligences artificielles appelées IA génératives, entraînées sur des milliards d’images et capables de générer des illustrations sur la base d’une simple requête textuelle de votre part. Elles peuvent combiner des concepts, des attributs et des styles pour créer autant de variations visuelles de paysages, personnages, bâtiments, etc. Vous pouvez aller jusqu’à leur demander de créer un astronaute à dos de cheval sur la lune, de façon photoréaliste ou à la manière d’un peintre connu. 

Derrière ces noms, c’est la créativité dans son ensemble qui est impactée. Sommes-nous en train de détruire le dernier bastion qu’il nous restait face à l’IA ? Est-ce au contraire une opportunité à laquelle il faut s’allier plutôt que lutter contre ? C’est en tout cas l’évolution logique des travaux de Machine / Deep Learning initiés depuis des décennies. Mais en quoi cela est-il si inquiétant ou excitant ? En fait, on assiste ici à un changement d’échelle de l’IA, qui n’est plus cantonnée au sein des entreprises de la tech dans des super calculateurs. Non, ces IA sont disponibles pour le grand public, et même en open source dans le cas de Stable Diffusion. 

Les usages de ces IA sont déjà très concrets pour générer des illustrations d’articles, des variantes d’images existantes, augmenter la définition d’un visuel, compléter des zones d’images manquantes, etc., au détriment des graphistes et des plateformes de ressources d’images payantes ?

La traçabilité de la propriété intellectuelle des bases d’entrainement de ces IA est quasiment inextricable du fait de leur volumétrie. Artstation, la plateforme portfolio des artistes digitaux, rachetée elle-aussi il y a peu par le géant Epic Games, incorpore déjà un filtre aux artistes de refuser que leurs images soient exploitées par l’IA. La guerre ne fait que commencer. 
Ces IA sont d’autant plus impressionnantes ou inquiétantes, qu’elles n’existaient pas il y a encore 2 ans, et qu’elles sont déjà à leur seconde, voire quatrième version pour MidJourney, ce qui sous-entend que nous avons encore rien vu.

Et de nouveaux usages arrivent chaque jour ! Point-E par exemple, récente évolution de Dall-E, est déjà en mesure de générer des nuages de points 3D, pour le moment en basse définition, intégrable dans vos logiciels de 3D ou dans votre imprimante 3D. 

La limite n’est pas notre imaginaire car il semble être déjà dépassé …

Artstation

Parametric design.

Nous avons vu que le processus créatif peut être fortement orienté et influencé par l’IA, mais le processus de rationalisation et de fabrication de l’idée de départ est lui aussi, de plus en plus aidé par les automatismes apportés par ce que l’on appelle le parametric design.

La conception paramétrique n’est pas récente, elle permet aux concepteurs de créer en temps-réel un multiplicité de variantes de formes et modèles, facilement modifiables en fonction d’exigences ou de contraintes spécifiques, sans recours au dessin manuel. Dans le secteur du bâtiment, le parametric design est ainsi de plus en plus utilisé dans des phases amont, non seulement pour générer des formes innovantes, mais aussi pour mieux anticiper des contraintes programmatiques en phase de conception. Générer les plans d’une résidence, contrôler la conformité des déplacements de personnels dans un hôpital, structurer toutes les pièces et leurs dépendances dans un bâtiment d’enseignement, tout cela est automatisable et flexible.

La plupart des programmes de bâtiments, écoles, logements sociaux, hôpitaux, bureaux, etc. sont souvent des suites logiques de règles, de normes et de contraintes qu’il est envisageable d’automatiser sous forme paramétrique.

Et pour cela pas besoin de savoir coder ! Nativement ou via des plugins, les logiciels du marché tels que Rhinoceros, GrassHooper, Dynamo pour Revit, etc., permettent depuis longtemps de créer des suites de contraintes logiques sous la forme de boites de codes préprogrammés. 

Des architectes, tels que Arthur Mamou Mani, connu pour ses structures du Burning Man aux Etats-Unis, ont basé la plus grande part de leur processus créatif et de production sur le parametric design. Ce dernier parle même de conception écologique paramétrique car il y incorpore des informations de matériaux et de carbone pour trouver le bon compromis entre utilisation de la matière, résistance structurelle et qualité esthétique.

En paramétrique, l’expérimentation se veut itérative, plus efficace, plus rationnelle, … mais serait-elle moins créative ? Tout comme les autres IA citées plus haut, il faudrait plutôt considérer le paramétrique comme un outil d’accélération de production et un vecteur de nouvelles idées. 

L'avenir de la CAO est dans le cloud.

Depuis ses débuts dans les années 1960 avec le logiciel d’infographie Sketchpad, la conception assistée par ordinateur (CAO) a connu plusieurs évolutions majeures, pour devenir centrale dans de nombreux secteurs, notamment l’architecture, l’ingénierie et la fabrication; conception de produits, aménagement intérieur ou la conception graphique. En 70 ans, nous sommes en effet passés de simples outils de dessin en 2D, enfermés dans des super calculateurs, à des logiciels complexes de modélisation en 3D, installés sur des ordinateurs portables. Le logiciel de CAO est devenu un outil essentiel pour les concepteurs et les ingénieurs, leur permettant de créer, modifier et analyser des conceptions. 

Désormais, avec le cloud, la CAO devrait connaître de nouvelles évolutions majeures. Le cloud va rendre ces logiciels disponibles sur tous supports et obliger les éditeurs à concevoir des interfaces plus conviviales et intuitives pour toucher un plus large public. Faire par exemple les plans de sa maison est, chaque année, plus simple et toujours moins cher avec des solutions désormais ouvertes sur des modèles gratuits. 

Calculées dans le cloud, les performances graphiques de ces logiciels sont décuplées pour davantage d’immersion et de nouveaux usages, notamment en VR. Concevoir à l’échelle 1:1 un bâtiment n’est plus de la science-fiction ! Le cloud ouvre également plus largement la capacité pour ces logiciels à se coupler à des bases de données en ligne, comme des meta bibliothèques de produits et de matériaux. 

En terme d’évolutivité, la CAO basée sur le cloud peut être étendue ou réduite selon les besoins. Le business model, puissance de calcul, licences, périmètre fonctionnel, vont permettre un accès de plus en plus simple pour l’utilisateur. Et, la sécurité, la sauvegarde des données mais aussi la traçabilité des modifications effectuées sur les modèles seront renforcées par rapport à des logiciels installés. 

La CAO dans le cloud, à l’image de la solution Snaptrude disposant d’accès freemium, va faire réagir les cadors du secteur car, au-delà de ces évolutions technologiques, ce sont surtout leurs modèles économiques qui se réinventent pour aller vers des offres de services en ligne. 

Les chiffres du mois

nombre d’utilisateurs d’IA de génération d’image

Selon OpenAI, plus de 1,5 million d’utilisateurs utilisent DALL-E pour créer plus de deux millions d’images par jour. Stable Diffusion compte plus de dix millions d’utilisateurs quotidiens et  Midjourney  compte plus de deux millions de membres.

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